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dimanche 15 janvier 2012

CHAUFFEUR SANS PERMIS


La police vient de constater que le petit fils que « Lolo » Gilardenghi a placé comme chauffeur d’élus n’a même pas le petit papier rose.

« Lolo », Charles de son nom de baptême, le récent empereur déchu des taxis marseillais, ferait presque de Pagnol un Titi parisien. La magouille par la gouaille.
Les enquêteurs de la Sûreté départementale qui dissèquent depuis un an l’œuvre du bonhomme ont dégoté une nouvelle perle : Julien Gilardenghi, le petit fils que « Lolo » a placé comme chauffeur d’élus à la Mairie de Marseille, n’a même pas le permis de conduire. Pourtant, même sans le petit papier rose, le contractuel Juju conduisait encore ces jours-ci des voitures au macaron bleu et blanc. Quand « Lolo » enquille, les formalités administratives sont superflues. Et il est probable que Jean-Claude Gaudin découvre cette « anomalie » en lisant ces lignes.

L’allégorie du clientélisme marseillais
« Lolo » est l’allégorie du clientélisme marseillais. Depuis plus d’un demi-siècle, il construit son hégémonie dans le monde des taxis et au-delà. Son fiston, Louis, celui qui a été entendu en début de semaine par la police, est rentré à la Mairie en 1979, sous Defferre. « On ne sait pas vraiment ce qu’il fait, glisse-t-on à l’hôtel de ville, il est affecté aux Sports. »
Pas un maire donc qui n’ai pas eu « Lolo » dans les pattes depuis 50 ans. On ferme les yeux, sinon, c’est la grève et la ville est bloquée. C’est que « Lolo » et ses syndicats fictifs restaient l’éternel patron de l’intersyndicale des taxis du département. Leur grand maître.
Pour autant, et même si la police exclut toute implication de la Mairie dans les magouilles de « Lolo », quelques petits arrangements étaient possibles. « Quand on obtient la licence taxi, expliquent plusieurs chauffeurs, "Lolo" impose de prendre sa carte à l’UMP. » Et refuser complique l’activité. Autre service : « Le jour d’une élection, raconte les mêmes chauffeurs, on va charger gratuitement les petits vieux pour qu’ils aillent voter UMP. »


Proposé à la légion d’Honneur
Pendant 50 ans, la couleur politique importait peu à « Lolo », PS ou UMP, la méthode reste la même. Une place en crèche pour l’un, un HLM pour l’autre, il distribuait les carottes. La menace de faire baisser virtuellement le prix des licences (en en accordant des gratuites), la promesse de sanctions, il brandissait le bâton. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette. « Lolo » et Gaudin s’entendent quand même bien. Ce dernier vient d’ailleurs de le proposer pour la légion d’Honneur. La chancellerie n’a trouvé aucune raison pour la lui accorder. Quelle ingratitude !


PHILIPPE PUJOL
Source : http://goo.gl/xZuBb

dimanche 8 janvier 2012

LES SYNDICATS FICTIFS DES TAXIS MARSEILLAIS


Quatre personnes ont été entendues mardi par la brigade du travail dissimulé.

Il n’y avait finalement qu’une règle : ne rien faire dans les règles. Plus la police avance dans l’opération nettoyage des taxis marseillais (lire ci-dessous) principalement dans la gestion de la régie Tupp, plus les enquêteurs découvrent des entourloupes.
Mardi 3 janvier, la brigade du travail dissimulé de la Sûreté départementale de Marseille a auditionné quatre personnes. Tous bénéficiaient d’avantages financés par l’association Tupp ou de syndicats de taxis. Notamment des forfaits illimités pour leurs téléphones portables et ce « depuis l’existence des téléphones portables », précise un policier.
Parmi les quatre hommes, Louis Gilardenghi, fils de Charles dit « Lolo », le patron du syndicat des taxis Tupp, longtemps grand chef de l’intersyndicale des taxis du département (il a démissionné le 17 novembre, lire notre édition du 18) et le Monsieur Taxi à l’hôtel de ville. De multiples casquettes désormais de plomb tant elles pèsent sur la tête du vieil homme dont le retour en garde à vue est imminent. Un malaise avait interrompu celle du 14 décembre dernier, « mais, cette fois, il ne devrait pas oublier de prendre ses médicaments », sourit un policier. L’audition, le même jour, de sa secrétaire n’avait que confirmé et précisé les suspicions des enquêteurs.

Recommandations

Une pépite d’abord. Pour être le presque éternel patron de l’intersyndicale des taxis du département, « Lolo » semble avoir eu une idée aussi simple que géniale : créer des syndicats fictifs sans adhérents, ou plutôt sans carte d’adhésion, et dont les présidents et secrétaires n’étaient que des hommes de paille rétribués pour la cause. Ceux entendus hier entre autres. Le syndicat marseillais des artisans taxis pour n’en citer qu’un.
Ainsi « Lolo », empereur des taxis du département, justifiait pleinement auprès de Jean-Claude Gaudin son rôle de chargé de mission pour la municipalité de Marseille. « Ensuite, résume un enquêteur, avec son poste à la mairie, il avait accès à des informations sur les nouveaux détenteurs de licences taxis à qui il envoyait à leurs adresses personnelles des recommandations pour être bien vu. » Comme, par exemple, adhérer à la régie Tupp, à son syndicat tout en prenant comme expert-comptable Jean-Claude Keller. Lui, a été mis en examen le 3 mai dernier. « Il était le seul à finalement avoir réellement un bureau officieux dans les locaux des Tupp à Plombières », glisse un policier.
Un personnage central qui assurait par exemple la gestion de tous les adhérents du syndicat indépendant des artisans taxis dont le patron n’était autre que le responsable commercial des Tupp, Dominique Albertini. Lui et l’ancien patron des Tupp, Paul Buresi, n’ont pas encore été entendus par la police qui passe au peigne fin leur patrimoine. Grandes propriétés, bateaux, chevaux, bagnoles, il semble que le « savoir-faire commercial », qu’invoquait Dominique Albertini dans nos colonnes le 15 décembre dernier, était particulièrement au point. Il semble que la justice en a une toute autre lecture.


L'agresseur au marteau d'un chauffeur de taxi écroué



Un client a frappé un professionnel en pleine nuit lundi. Il a dormi en prison.

Sans doute est-ce son quart d'heure de célébrité, façon Andy Warhol. Il se dit ancien adjoint de sécurité (ADS), policier à ses heures, plus sûrement ouvrier mécanicien dans la police entre 2000 et 2002. Est-il seulement un dangereux mythomane ? Un être à peine perturbé ? Ou bien un schizophrène qui, lundi matin, à 1 h 00, a appelé un taxi devant le MacDo du boulevard Schloesing, pour se faire conduire jusqu'au Vieux-Port ? Sur lui, il portait un marteau. Pas tout à fait le genre d'accessoire nécessaire pour traverser la ville, même à une heure tardive.

Jean-Marc, 49 ans, le chauffeur de taxi, l'a pris en charge. À ce moment-là, il s'est bien rendu compte qu'un objet dépassait de la veste du client. Il a été plus surpris encore quand il s'est rendu compte qu'il ne savait pas tout à fait où il voulait aller. Direction quai de Rive-Neuve, puis rue Neuve-Sainte-Catherine, puis rue Sainte, jusqu'à l'abbaye de Saint-Victor. Une marche arrière, croyant qu'il avait enfin trouvé le lieu de son rendez-vous. Puis une marche avant. C'est à cet instant précis que Jean-Marc a reçu un violent coup de marteau sur la tête. En tentant de riposter, il a reçu un coup à la main. Fracture de l'index. Direction La Conception. Quatre points de suture à la tête, tandis que son agresseur prenait la fuite.

Expertise psychiatrique

Le fuyard était un de ces clients que les chauffeurs de taxi appellent les "taxis baskets", pour désigner ceux qui ouvrent la porte soudainement et partent sans payer, comptant sur la performance de leurs chaussures pour préserver leur bourse. Pas de chance. La solidarité des taxis a joué à plein. La police rattrapera l'auteur des violences quelques rues plus loin. Et voilà que Mickael Kaddouche, 21 ans, doit s'expliquer, devant le tribunal correctionnel, en comparution immédiate.

Aux policiers, il a dit : "Je me trouvais en état de légitime défense. J'ai donné un coup de marteau, mais ce n'était pas pour le tuer." Quelle légitime défense ? "Il m'a demandé si j'avais la monnaie de 200 euros. Je lui ai dit que non, se souvient le chauffeur blessé. Il m'a dit qu'il ferait le change." Chauffeur de taxi la nuit. Un métier à hauts risques. Une dizaine de filouteries par nuit à Marseille. Les agressions physiques sont plus rares, mais les chauffeurs se méfient. D'ailleurs, l'Intersyndicale des taxis devrait se constituer partie civile dans ce dossier.

Hier, le tribunal, présidé par Patrick Ardid, a ordonné une expertise psychiatrique du prévenu, afin de savoir s'il jouissait de toutes ses facultés mentales au moment des faits. Me Joël Badenès, pour le taxi, et une quinzaine de collègues de travail, sont venus soutenir la victime à l'audience. Le procureur Damien Martinelli a requis le placement sous mandat de dépôt. Me Aurélie Befve, en défense, a expliqué que son client, bien que déjà sept fois condamné, a toujours déféré aux convocations de justice. Le tribunal l'a placé hier soir en détention. Il sera jugé sur le fond le 1er février.Le juge d'application des peines, qui l'avait entendu précédemment, avait relevé des problèmes psychologiques importants qui imposent une hospitalisation régulière. Il faudra toutefois éviter le transport en taxi médicalisé...

Denis TROSSERO

lundi 26 décembre 2011

Taxis TUPP : 1,2 million d’euros évaporé


C’est la facette la plus négative de la cité phocéenne qui éclate au grand jour. La centrale d’appel de taxis marseillais TUPP est, depuis quelques jours aux abonnés absents. Le syndicat qui gère le central téléphonique est au cœur d’une enquête judiciaire de grande ampleur. Trois de ses dirigeants (Dominique Albertini, responsable commercial Paul Buresi, l'actuel président et Charles Gilardenghi, ex-président et chargé de mission à la mairie de Marseille) ont été placés en garde-à-vue au début de la semaine pour une affaire d’escroquerie présumée.
Il faut dire que depuis quelques mois, les artisans-taxis qui travaillaient avec TUPP étaient inquiets. De longues courses et de grandes entreprises. La méthode de TUPP consistait à encaisser l’argent des clients, souvent de grosses entreprises, puis, en échange d’un bon remis au chauffeur par le client, de reverser la somme perçue moins une commission au taxi.
Ce système de bons permettait, en principe, de financer la centrale d’appel et de rémunérer les taxis. Mais ces derniers temps, la structure avait de plus en plus de mal à assumer ses dettes… Et les chauffeurs ont fini par perdre patience. Les enquêteurs ont déjà enregistré 80 plaintes pour un préjudice estimé à plus de 300 000 euros. Tupp regroupait plus de 200 membres. "On était parfois payés par chèque, d’autres fois en liquide… Et après plus rien" explique un employé qui préfère garder l’anonymat.
Pourtant, les taxis TUPP bénéficiaient de bonnes courses. De nombreuses grandes entreprises utilisaient très régulièrement leurs services, comme EDF, Accord ou encore les hôpitaux de Marseille. Beaucoup se demandent, du coup, où est passé le 1,2 million d’euros de passif de TUPP. Escroquerie ou gestion hasardeuse, ce sera à la justice de faire la lumière sur cette affaire qui n’arrange pas l’image déjà ternie des taxis marseillais.
Source : http://goo.gl/M9x4f

mercredi 30 novembre 2011

Taxis : tout changer pour que rien ne change ?

Les deux sujets sont sans rapport. Même si le premier vient à point nommé pour faire oublier le second volet, ressouder les troupes et rappeler qui est l’ »ennemi » et peut-être quel est le combat prioritaire. D’un côté la manifestation régionale d’une corporation, les taxis, contre le développement vu comme un empiétement sur leurs plate-bandes des sociétés de transport à la demande. De l’autre, la situation locale, autrement dit à Marseille, de la même corporation : enquêtes judiciaires, finances au bord du gouffre d’une des deux radios, démission du grand manitou Lolo Gilardenghi… Revue de détails en deux temps.

Un encombrant cousin

Comme à Nice, Avignon ou Montpellier, les 1560 chauffeurs de taxis marseillais étaient invités ce lundi à mettre le oaï sur certains axes du réseau routier (autour de la gare, des entrées des tunnels, du conseil général…) :

A l’origine de cette fronde, le lancement en janvier 2010 à Avignon et désormais Montpellier avec d’autres projets d’ouverture d’Easy Take. La différence avec les taxis : les premiers ne sont autorisés à prendre des courses que sur réservation, les seconds étant « les seuls à avoir le marché de la rue et des stations », nous expliquait dans une interview Richard Darbera, chargé de recherche au CNRS et auteur d’un livre sur la question. Mais la société est accusée par les taxis du Vaucluse de pratiquer la maraude, autrement dit de prendre des courses dans la rue. La cour d’appel de Nîmes, sur la base de deux constats d’huissiers, contestés par Easy Take l’a d’ailleurs condamnée sur ce point.

Maquis réglementaire

Et au-delà, le partage des tâches ne convient pas aux taxis, pas habitués comme les taxis noirs londoniens à faire avec les « minicabs ». Historiquement, le système qui régit en France les différentes activités de transport de personnes est très complexe, ce qui a de fait permis aux taxis de garder un quasi-monopole. Mais Easy Take a su tirer avantage de deux réglementations différentes – les véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) et le transport routier de voyageurs (TRV) – et d’un assouplissement pour exercer son activité, remettant en cause cet équilibre.

En septembre, dans un communiqué commun publié après leur rencontre avec les taxis, les ministres de l’Intérieur Claude Guéant et du Tourisme Frédéric Lefebvre assuraient que « six textes réglementaires seront pris avant la fin de l’année afin de répondre aux objectifs des ministres qui entendent que les différents modes de transport de personnes cohabitent harmonieusement et que chacun respecte les règles propres à son activité ». Vu le ton apaisant et l’annonce d’un relèvement du seuil de puissance pour les VTC, on semble s’orienter vers de simples (et nouveaux, la longueur minimale des véhicules ayant déjà été modifiée) bâtons dans les roues d’Easy Take et consorts.

Dommage, car tout le monde pourrait gagner à une vraie remise à plat. Surtout si l’on se rappelle que l’intérêt général consiste à offrir la plus large possibilité de se déplacer à ceux qui n’ont, pour une raison ou pour une autre (choix, de passage, handicapé, âgé, malade etc.) pas de voiture. Comme nous l’expliquait Richard Darbéra, « les Londoniens et les New Yorkais font 3 à 4 fois plus de voyages par habitant que les Parisiens. A Londres, les taxis noirs sont très chers et sont utilisés par les touristes, tandis que les Londoniens montent plutôt dans les minicabs. Et si l’on regarde par couches sociales, les pauvres utilisent ce mode de transport, contrairement à Paris. L’autre avantage, c’est que cela crée de l’emploi dans les quartiers pauvres, où beaucoup de petites entreprises se développent ».

Pas Tupp top

Du changement sur fond de statu quo, c’est aussi l’ambiance actuellement dans l’univers plus restreint des taxis marseillais. Les mises en examen ont plu ces derniers mois et l’enquête se poursuit autour de systèmes frauduleux qui pourraient n’être pas aussi restreint que quelques « brebis galeuses ». En parallèle, un séisme a secoué les taxis Tupp, l’une des deux principales centrales radios de la ville, avec un trou dans ses caisses de plus d’un million d’euros et une plainte contre X déposée par ses adhérents pour « escroquerie, des abus de biens sociaux et autres enrichissements personnels ».

Tout historique qu’il est, le président de l’Union syndicale des petits propriétaires de taxis des Bouches-du-Rhône (le syndicat Tupp) Charles « Lolo » Gilardenghi n’a pas résisté à la tempête : dans une vidéo saisissante de LCM , on le voit acceptant sous la pression sa démission de l’intersyndicale des taxis marseillais, tout en niant toute implication dans ce gouffre financier, renvoyant la balle aux dirigeants de l’association Tupp qui est celle qui gère la centrale. Magnéto Lolo :


Président de Taxi Radio Marseille (les Verts principal concurrent des Bleus de Tupp), Jean Agius a proposé d’accueillir des chauffeurs de Tupp, nombre d’entre eux se retrouvant en difficulté avec des bons non réglés pour au total plusieurs milliers d’euros. Mais malgré des demandes d’inscriptions, « on n’a fait rentrer personne » nous explique-t-il car « on n’a pas récupéré de gros marchés permettant de le faire ». Autrement dit une partie de l’activité de Tupp.

Lolo toujours en cour

Reste que, malgré les apparences, Lolo n’est pas encore à la retraite : « il a démissionné de la présidence de l’intersyndicale mais est toujours président de Tupp », nuance Jean Agius. Et donc siège toujours à la commission communale qui « a compétence et est obligatoirement consultée pour avis sur toutes les questions relatives à l’organisation, au fonctionnement et à la discipline de la profession concernée ».

Aux côtés de nombreux autres représentants de syndicats qui, comme Marsactu le soulignait en juin 2010, ne tirent leur légitimité que d’être nommés par le maire de Marseille. D’où un nouvel appel appel de Jean Gammichia, président du syndicat des taxis marseillais, à l’organisation d’élections professionnelles :
Malgré nos efforts répétés, nous n’avons pu joindre l’adjoint au maire aux Voitures Publiques André Caméra, mais du côté de Jean Agius aucune élection ne serait prévue avant 2014, date des élections municipales. Dans près de trois ans donc. En attendant, la composition de la commission continue d’évoluer à la marge (dernières modifications en date le 6 juin et le 28 octobre). Mais toujours avec Lolo et une noria de vrai-faux syndicats. « A partir du moment où il est désigné, il est légitime… Tant qu’il n’y aura pas d’élections professionnelles chacun pourra se targuer de représenter les taxis », grince Jean Gammichia.

Taxis: EasyTake pris en otage! (Marseille)

Les taxis marseillais dans l'impasse


Après avoir bloqué la circulation hier pour protester contre une concurrence jugée déloyale, ils ont suspendu leur grève.

Le Préfet de police les avait mis en garde : en cas d'entrave à la circulation, les taxis encourraient jusqu'à 2 ans de prison et 4500€, en application de l'article L412-1 du code de la route. "Il nous a précisé que 35 dépanneuses seraient réquisitionnées pour faire enlever les taxis qui bloqueraient les voies", soupire Gregory Nadjarian, président du syndicat des taxis réunis.

On comprend mieux pourquoi les 800 artisans de la région venus manifester hier à Marseille ont laissé passer les automobilistes, fut-ce au compte-gouttes, sur les points stratégiques qu'ils ont investis dès 7h du matin : carrefour du Conseil général, Bd Charles-Livon, entrées du tunnel Vieux-port, accès A7 au Bd Nédelec, accès A50 autour du parc du 26e centenaire. On redoutait la paralysie totale de la ville, ce fut seulement l'hémiplégie. Avec tout de même des bouchons monstrueux (autoroutes Est et Nord, abords du parc du 26e notamment) ; mais aussi des secteurs où le trafic fut étonnamment fluide. Comme le Prado-carénage, aussi vide hier matin que le désert de Gobi...

Vrais-faux taxis

Une manif canalisée donc, pour exprimer la colère... déchaînée des artisans taxis, face à l'émergence d'une concurrence qu'ils estiment déloyale. Celle que leur livrent depuis quelques mois les fameux véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), ces "vrais-faux" taxis qui ont défrayé la chronique au printemps dernier à Avignon. Le statut de VTC permet à tout titulaire d'un permis de conduire de se faire payer pour transporter des passagers, sans devoir obtenir de licence. Mais en théorie, ce nouvel opérateur doit se limiter à une activité strictement touristique, utiliser un véhicule luxueux d'au moins 4,80m de long et intervenir uniquement sur commande.

Dans les faits, les VTC sont souvent utilisés comme des taxis traditionnels (soumis, eux, à une très lourde réglementation), et accusés de casser les prix. Au printemps dernier, les artisans taxi du Vaucluse ont obtenu la condamnation de la société Easy Take, qui a dû débourser 15 000€ de dommages et intérêts. Les fédérations avaient alors réclamé au ministère de l'Intérieur une vraie réglementation des VTC... qu'ils attendent toujours. "Pendant ce temps, les VTC continuent à grignoter le marché", proteste Nicolas, un taxi marseillais.

Marasme

Dans la cité phocéenne, les taxis "low cost" auraient fait leur apparition : des véhicules banalisés, sans aucun signe distinctif qui, assurent leurs concurrents, "se postent dans les parkings des supermarchés pour attendre le client". Pire : certains hôtels travailleraient exclusivement avec les VTC. Tout dernièrement, des sociétés ont raflé des marchés avec la SNCF (pour le transport des agents) ou le conseil général (pour le transport des handicapés) jusque là dévolus aux taxis traditionnels. "On va se faire voler les croisiéristes, les transports médicaux", s'inquiètent les artisans taxis, qui auraient déjà perdu 20 à 30% de leur chiffre d'affaire dans les villes où les VTC sont implantées.

Déjà pénalisés par l'augmentation du prix du carburant, les taxis doivent également faire face aux frais de remise aux normes obligatoires de leurs compteurs, tableau de bord et dispositif lumineux : "Il y en a pour 2500€ par véhicule, sans aucune aide de l'Etat", se désole Nicolas. A l'en croire, "pour s'en sortir, les taxis travaillent 12 heures par jour, pour un salaire moyen de 1200€". Une profession d'autant plus sinistrée à Marseille que les taxis y seraient en surnombre (400 licences en trop estiment les syndicats). L'écroulement des taxis-Tupp, les affaires judiciaires liées aux pratiques douteuses de certains taxis ne font que s'ajouter au marasme. Reçus en fin d'après-midi en Préfecture, les manifestants ont décidé de suspendre leur mouvement.

Sophie MANELLI

TAXIS À MARSEILLE : 200 CHAUFFEURS ENTUPPÉS !


Marseille continue de faire l’actu et accessoirement de faire sourire la France entière avec ses histoires « marseillaises ». Après les 6 000 faux permis bateau, voici l’affaire des 200 chauffeurs de taxi marseillais affiliés au réseau Tupp qui viennent de découvrir un peu naïvement qu’il y avait un trou d’1 200 000 euros dans la caisse et qu’ils ne seront certainement pas payés. A un mois des fêtes de Noël, c’est dur pour eux.
               
Moyennant 160 € de cotisation par mois au réseau Tupp, un chauffeur bénéficiait du service de radio qui répartit le travail sur les ondes. Sans cela, vous devez chercher vous-même vos clients ou poireauter des heures à la gare Saint-Charles ou dans une des stations de taxis que compte la cité phocéenne. Mais il n’y a pas que les courses de particuliers… Il y a aussi toutes les courses concernant les entreprises et le transport médical (qui représente un très gros gâteau et une grosse partie des revenus des taxis). Ces courses d’un genre particulier étaient payées avec un système de bons à Taxi Tupp qui reversait ensuite les sommes aux chauffeurs une fois prélevés les 10 % dédiés aux frais de gestion. Or, depuis le mois d’octobre, les bons ne sont plus payés et les chèques délivrés par Tupp sont refusés par les banques…

Comment en est-on arrivé là ? Après la démission du puissant responsable de l’intersyndicale, Gérard Gilardenghi, qui met tout sur le dos de la direction (Paul Buresi), les chauffeurs Tupp ne savent pas ce qu’ils vont devenir. Taxi Radio Marseille, l’autre réseau concurrent a alors fait une offre à ces taxis déboussolés pour les sortir de leur situation catastrophique : véritable main tendue ou coup de pub ? Nous sommes allés rencontrer Jean Agius, le patron de TRM afin qu’il nous donne sa réponse.

dimanche 20 novembre 2011

MARSEILLE - Gilardenghi démissionne


Fin de course pour Charles Gilardenghi avec les Taxi Tupp. Le responsable de l'intersyndicale de ce regroupement de près de 200 taxis marseillais a annoncé hier dans une vidéo exclusive de LCM qu'il quittait son poste. « Je démissionne car la parole est aux taxis et qu'ils demandent un renouveau », a expliqué celui qui est aussi chargé de mission auprès de Jean-Claude Gaudin. Cette décision est intervenue alors que 40 chauffeurs de taxis bloquaient hier matin le quai des Belges devant la mairie pour dénoncer la gestion de Taxi Tupp, endettée de plus d'un million d'euros. Ils se sont ainsi vus refuser récemment par les banques des chèques signés par l'association, censée leur verser une partie importante de leurs courses. Du côté de la mairie, sollicitée par l'intersyndicale pour prendre en charge une partie de la dette, on affirme que cette aide est impossible en raison du principe du respect de la concurrence.J. C.

Source : http://goo.gl/EFTsW

La colère des taxis marseillais

Des chauffeurs de taxis en colère ont bloqué les devants de la mairie pour protester contre le naufrage de Taxi Tupp. 

Les "Taxi Tupp" plongés en pleine tempête

Le réseau, qui affiche une dette énorme, est en crise. Une information judiciaire a été ouverte

Au siège de Taxi Tupp, la direction s'est mise en mode silence radio. "Y'a plus personne ici", soupire un employé. Un blocage qui fait suite à la dernière assemblée générale de l'un des plus importants regroupements de taxis marseillais, avec près de 200 voitures sous sa bannière. Une assemblée qualifiée pudiquement de "houleuse" par Paul Buresi, le président du réseau en place depuis près de deux décennies, aujourd'hui sur le grill et lâché par ses principaux soutiens. Houleuse, c'est le moins que l'on puisse dire...
Pour comprendre, il faut revenir au fonctionnement de l'association.

Les chèques délivrés par Taxi tupp refusés

Chaque adhérent verse une cotisation de 160 euros par mois au réseau, qui, en échange, répartit le travail via ses ondes. Dans le lot des courses, celles touchant aux entreprises et au transport médical - une grosse partie des revenus des taxis - sont payées par des bons. Taxi Tupp reverse ensuite la somme aux taxis, amputée de 10% dédiés à ses frais de gestion. "Mais depuis le mois d'octobre, raconte un jeune artisan, les bons ne sont plus payés et les chèques délivrés par Tupp nous sont refusés!" Et de s'effondrer: "C'est une catastrophe! On a 200 familles à la rue ! Comment on va s'en sortir?".


Un dysfonctionnement grave et inédit, dont les causes ont été données au cours de l'assemblée générale du 5 novembre. Une révélation en forme de coup de massuepour la profession : "Sous la pression, s'étouffe un participant, la direction a été obligée de nous avouer que la comptabilité affichait une dette colossale de 1,2 million d'euros! Et aussi que le groupement est en situation d'interdit bancaire. Ça a failli tourner à l'émeute". Un trou énorme dans la trésorerie confirmé par le compte rendu de l'assemblée générale que nous nous sommes procurés.

"Un climat de menaces et de pressions"

Et qui intervient quelques semaines après l'ouverture d'une information judiciaire par le parquet, début septembre... "Je ne sais absolument pas ce qui s'est passé", tranche Charles Gilardenghi, le puissant responsable de l'intersyndicale et chargé de mission auprès de Jean-Claude Gaudin (UMP), qui écarte d'emblée tout "amalgame" avec l'association Taxi Tupp Radio. "Moi, je ne suis que le patron du syndicat, insiste-t-il. L'association, c'est Paul Buresi. Je lui fais confiance depuis 17 ans. Là, oui, il y a un problème. Depuis quelques jours, on cherche à comprendre." Pour l'heure, concède "Lolo" Gilardenghi,"la radio des Tupp marche toujours, mais à peine...".


Dans un long courrier qui nous a été adressé, anonymement, "pour protéger nos familles", des artisans-taxis se disent, eux, "anéantis et dévastés"et s'indignent que lors de cette même AG, "la seule solution présentée est de donner une participation ou plutôt un don de 400 euros à l'association".
Une proposition qui aurait été acceptée par une partie des troupes "dans un climat de menaces et de pressions".

"En attendant que cette affaire se retrouve devant les tribunaux, terminent-ils, il faudrait donc continuer à assumer le travail du réseau sans être réglé! Alors qu'ils nous doivent entre 500 et 8000euros!" D'autres taxis se sont directement rendus à la Brigade financière, hier, pour évoquer des soupçonssur la manière dont a été gérée l'entreprise. Joint il y a plusieurs jours sur son portable, Paul Buresi, de son côté, reconnaît "une situation financière compliquée". Mais nuance son ampleur: "Quelques chèques ont été refusés, c'est vrai. Mais des solutions existent. Nous y travaillons".

Le directeur commercial de l'asso a démissionné

Un Paul Buresi qui aurait mis en vente sa licence "afin de régler les chèques impayés". Dominique Albertini, le directeur commercial de l'association a, lui, donné sa démission. Des mesures insuffisantes pour calmer des artisans au bord de la crise de nerf: "Il y aurait tellement à dire, tranche l'un d'eux, on a tellement sali notre corporation, à juste titre parfois, à cause d'une poignée de mecs peu scrupuleux, qu'aujourd'hui on ne veut en aucun cas porter le chapeau de cette histoire dont nous sommes les victimes".

Source : http://goo.gl/xov42 

Vidéo LCM :

jeudi 24 mars 2011

Fraudes chez les taxis marseillais: quatre chauffeurs mis en examen

MARSEILLE (AP) — Quatre chauffeurs de taxi marseillais ont été mis en examen pour "abus de confiance, faux, usage de faux et travail dissimulé" et remis en liberté sous contrôle judiciaire dans le cadre d'une vaste enquête sur un réseau de fraudes, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.
Interpellés et placés en garde à vue en début de semaine, ils ont reconnu avoir détourné plus de 400.000 euros au total en ayant recours à des courses truquées ou indûment rallongées, à l'aide de bons de transport de la Ville de Marseille notamment, en ayant parfois recours à la fausse facturation ou en falsifiant les déclarations faites aux organismes sociaux.
Une cinquantaine de policiers de la brigade du travail dissimulé de la Sûreté départementale de Marseille avaient multiplié ces dernières semaines les surveillances et les filatures, afin de mettre au jour les pratiques controversées depuis des années de chauffeurs de taxi de la gare Saint-Charles, en plein centre-ville de Marseille.
Quatre autres chauffeurs de taxi doivent être convoqués ultérieurement par le juge. AP

Source

mercredi 23 mars 2011

Un taxi braqué par deux clients

A Marseille, la course entre la rue Bailli-de-Suffren (1er) et la cité La Savine (14e) s'est achevée par un vol à main armée, dimanche matin. Vers 5h, deux hommes sont montés dans le taxi de la victime, âgée de 67 ans, sans se montrer particulièrement inquiétants.

Mais une fois arrivés dans leurs quartiers, ils ont montré leur vrai visage. L'un des deux a exhibé une arme de poing quand le chauffeur a rendu la monnaie. Il s'est emparé de 50 euros, avant de partir en courant avec son complice. La Sûreté départementale est saisie de l'enquête.

Source

Huit taxis de la gare Saint-Charles arrêtés


À la gare Saint-Charles, certains taxis sont soupçonnés d'avoir commis plusieurs infractions, durant plusieurs années. Les enquêteurs menaient toujours leurs auditions, hier soir, à l'hôtel de police pour comprendre l'ampleur des dérives.
Photo Frédéric Speich
Des témoignages à la pelle, des émissions de télé en écho à des articles de presse, sans cesse plus nombreux, pour dénoncer les dérives. Les taxis de la gare Saint-Charles se savaient menacés. Ce n'était certes qu'une vague de protestation diffuse. Elle a fini par s'abattre sur eux de façon très concrète, hier au petit matin. Huit hommes âgés d'une quarantaine d'années ont été interpellés, à leurs domiciles, soupçonnés notamment d'abus de confiance, par la brigade du "travail dissimulé" de la Sûreté départementale.
Tous exercent la profession de chauffeur de taxi dans la station de la gare Saint-Charles, celle où, depuis plusieurs années, des dizaines de clients seraient victimes de leurs travers. Courses refusées, trajets surfacturés, fraude fiscales : de lourdes charges pèsent sur les suspects, dont la garde à vue a été prolongée hier soir.
Le parquet avait réclamé l'ouverture d'une enquête,à la fin de l'été dernier, après la multiplication de plaintes et de réclamations. Le maire de secteur, Patrick Mennucci s'était aussi ému de la situation en adressant un courrier au procureur : "J'ai simplement établi un signalement, comme tout maire est en droit de le faire. Si on ne met pas un coup de pied dans la fourmilière, rien ne bouge. Que la justice s'intéresse à des faits dont tous les Marseillais sont conscients, c'est plutôt une bonne chose. On est dans un système inacceptable, qui donne une très mauvaise image de la ville."
Les enquêteurs ont agi sur commission rogatoire du juge d'instruction Karine Molco, qui a ouvert une information judiciaire en octobre dernier. Pour se faire une idée précise des infractions commises par les taxis, les policiers n'ont pas hésité à effectuer des filatures, à travers la ville. Une très bonne façon de vérifier certaines courses pour le moins suspectes. "Pour rejoindre certains quartiers, il y avait parfois de sérieux détours, indiquait une source proche de l'enquête. Les touristes et les Parisiens étaient parfois baladés sans se rendre compte de rien."
Une fois arrivées à destinations, ces victimes étaient discrètement interrogées par les policiers, qui ont peu à peu décortiqué les méthodes des suspects. L'abus de confiance ne semblait effectivement pas la seule infraction dont certains taxis de la gare abusaient fréquemment. Ils utilisaient aussi un autre système leur permettant de tromper le fisc et les organismes sociaux. Pour cela, ils remplissaient de faux bons de transports, falsifiés, voire volés à des collègues. Les suspects pourraient être mis en examen ce soir. Même si les sanctions pénales restent minces, la menace d'une interdiction administrative plane au-dessus des mis en cause.

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Marseille: seconde nuit en garde à vue pour quatre taxis présumés "ripoux"

Quatre chauffeurs de taxi soupçonnés d'escroquer les clients à la gare Saint-Charles de Marseille, devaient passer une seconde nuit en garde à vue, trois autres ayant été remis en liberté mardi pour être convoqués ultérieurement, a-t-on appris mardi de source proche de l'enquête.Les quatre hommes doivent être entendus mercredi par la juge Karine Molco, qui devrait convoquer ultérieurement les trois autres, selon cette source. 
Les policiers de la brigade financière dirigée par le commandant Christian Samat, ont recueilli des aveux partiels des chauffeurs, portant notamment sur l'utilisation de bons du parc automobile de la mairie de Marseille remis aux clients grugés.
Une cinquantaine de policiers avaient été mobilisés lundi pour l'interpellation à leur domicile de ces sept chauffeurs âgés d'une quarantaine d'années.
Courses truquées, compteurs trafiqués, faux bons de transports, escroqueries au préjudice des organismes sociaux... figurent parmi les faits dont ils sont soupçonnés.
Déjà en 2009 une enquête similaire de la Sûreté départementale avait permis de montrer que les taxis indélicats multipliaient par trois leur chiffre d'affaires par ces moyens, selon la même source.



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SEPT CHAUFFEURS DE TAXI EN GARDE À VUE

Ils sont soupçonnés de courses truquées, compteurs trafiqués, faux bons de transport…
Sept chauffeurs âgés d’une quarantaine d’années en garde à vue ! Un réseau de taxis « ripoux » a été démantelé hier par la section du travail dissimulée de la Sûreté départementale des Bouches-du-Rhône.
Agissant sur commission rogatoire du juge Frank Landou, la brigade financière avait depuis plusieurs mois dans le collimateur ces présumés « ripoux » qui escroquaient les clients pris en gare Saint-Charles.
Courses truquées, compteurs trafiqués, faux bons de transport, escroqueries au préjudice des organismes sociaux, etc. : le dossier des enquêteurs est solide. Ils ont été arrêtés à l’aube à leur domicile et sur leur lieu de travail.
« Si les faits sont établis et que des brebis galeuses sont mises en cause, il existe un conseil de discipline des taxis qui se réunit deux fois par an et qui peut prononcer des peines de radiation », a indiqué Charles Gilardenghi, président d’un groupement de taxis et chargé de mission à la mairie de Marseille.

Géométrie variable

Sur les courses détournées, ces trajets plus longs que nécessaires, « Lolo », comme tout le monde l’appelle, a une mise en garde : « Parfois, le chemin le plus court, c’est le chemin le plus long. » Pour éviter les embouteillages de la sortie du Vélodrome un taxi qui passe par la Corniche « ne peut que satisfaire le client ».
Aucune vue de l’esprit ne permettra cependant d’expliquer les faux bons de transport. « Des courses fantômes, soi-disant pour transporter des personnes handicapées, mais qui font l’objet de bons rémunérés au chauffeur fraudeur par des services publics », explique un enquêteur. « Là, ça serait grave », reconnaît Lolo.
Charles Gilardenghi vient d’être réélu à l’unanimité président de l’Intersyndicale des taxis des Bouches-du-Rhône, « 1 100 taxis rien qu’à Marseille ». Et pendant que l’Intersyndicale mène sa guerre contre les taxis clandestins, les vélos taxis, les motos taxis et les taxis low cost, la police s’intéresse « aux brebis galeuses » du paisible troupeau des taxis marseillais « pour que tous suivent des habitudes plus saines », confie un policier.
Taxi, suivez cette procédure !

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Enquête sur un réseau de fraudes chez les taxis: huit chauffeurs en garde à vue à Marseille

MARSEILLE (AP) — Huit chauffeurs de taxi sont en garde à vue depuis lundi à Marseille dans le cadre d'une enquête sur une série de fraudes, menée sur commission rogatoire de la juge d'instruction Karine Molco, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
Ils avaient été interpellés lundi matin à leurs domiciles respectifs. La garde à vue des huit mis en cause a été prolongée lundi soir. Ils devaient être déférés au juge lundi soir ou mardi matin.
Une cinquantaine de policiers de la brigade du travail dissimulé de la Sûreté départementale de Marseille ont multiplié ces dernières semaines les surveillances et les filatures, afin de mettre au jour les pratiques très controversées des chauffeurs de taxi de la gare Saint-Charles, en plein centre-ville de Marseille.
Les investigations menées ont permis de révéler un système de fraudes au compteur, de courses truquées, de faux bons de transport, de surfacturations, mais aussi de fraude fiscale et de fausses déclarations aux organismes sociaux.
L'information judiciaire est ouverte notamment pour "abus de confiance". Le parquet de Marseille avait décidé d'ouvrir une enquête en octobre dernier après une série de plaintes émanant de clients. D'autres contrôles menés par la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) de Marseille avaient déjà mis au jour en 2010 les pratiques peu orthodoxes des taxis de la gare.
"Plusieurs dizaines de clients ont été victimes de ces méthodes radicales", précise-t-on de source proche de l'enquête. Le maire PS du secteur, Patrick Mennucci, avait lui-même écrit au procureur de la République Jacques Dallest pour s'indigner d'''une situation qui porte gravement atteinte à l'image de marque de la ville de Marseille".
Charles Gilardenghi, président de l'Intersyndicale des taxis des Bouches-du-Rhône, n'a pas exclu "une série de sanctions en cas de passage devant le conseil de discipline, voire de radiations", si l'enquête policière confirmait les faits reprochés. AP

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lundi 21 mars 2011

Marseille: 7 chauffeurs de taxi arrêtés

Un réseau de chauffeurs "ripoux" de taxis marseillais a été démantelé ce matin par la sûreté départementale des Bouches-du-Rhône, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

Agissant sur commission rogatoire, les hommes de la brigade financière de la sûreté départementale avaient depuis plusieurs mois dans leur collimateur des présumés "ripoux" qui escroquaient systématiquement les clients qu'ils prenaient à la gare Saint-Charles, en pleine centre-ville de Marseille, selon la même source.

Courses truquées, compteurs trafiqués, faux bons de transports, escroqueries au préjudice des organismes sociaux... le dossier des enquêteurs est assez lourd pour avoir mobilisé une cinquantaine de fonctionnaires qui ont arrêté aujourd'hui à l'aube à leur domicile sept chauffeurs de taxi âgés d'une quarantaine d'années. Ils ont ensuite été placés en garde à vue au siège de la brigade financière jusqu'à demain.

"Si les faits sont établis et que des brebis galeuses sont mises en cause, il existe un conseil de discipline des taxis qui se réunit deux fois par an et qui peut prononcer des peines de radiation", a indiqué Charles Gilardenghi, président d'un groupement de taxis et chargé de mission à la mairie de Marseille.

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dimanche 20 mars 2011

Les taxis recrutent deux députés marseillais dans leur guerre contre le low cost

C’est l’un des lobbies les plus anciens et les mieux organisés en France. Du genre de ceux qui, comme le représentant des thoniers Mourad Kahoul, n’ont qu’à décrocher le téléphone pour avoir le préfet au bout du fil. Charles Gilardenghi, celui que le maire de Marseille désigne depuis des lustres – sans élection professionnelle – représentant des taxis, dispose même d’un bureau à l’Hôtel de Ville.

La tout jeune Union des professionnels du transport de personnes, dont nous avions interviewé le président, essaie en vain de rencontrer le ministre des Transports ? Grâce à la Chambre des métiers et de l’artisanat des Bouches-du-Rhône, les taxis ont reçu le soutien de deux députés pour qui le reportage de M6 d’août dernier semble loin Sylvie Andrieux (PS), dont le père était taxi avant d’être sénateur, et Roland Blum (UMP), ce dernier promettant de « monter une délégation pour que vos représentants soient reçus avec nous aux ministères de l’Intérieur, des Transports et du Tourisme pour défendre votre cause. »

La cible de cette opération ? Easy Take, cette société avignonnaise qui s’étend dans le grand Sud, avec des tarifs au forfait bien moins chers. Et au passage si possible Autopartage Provence, cette coopérative soutenue par plusieurs collectivités locales, que Lolo Gilardenghi a dans le collimateur depuis plusieurs mois. Et aurait finalement obtenu des assurances de la mairie de s’occuper du problème, tandis que les principaux concernés, surpris, navrés par cet « amalgame », même si pas trop inquiets, ne sont « au courant de rien ».

Le syndrome Ryanair ?

Pour Easy Take, l’angle d’attaque est simple : le low-cost, un terme que ne récuse pas Johanna Gryczynski, chargée de la comm’ de l’entreprise. « On est dans la mondialisation, dans la déréglementation qui nous menace tous », lance dans La Provence Sylvie Andrieux. Roland Blum fait lui un parallèle avec « les pratiques de Corsica Ferries et de MobyLines contre la SNCM ».

Bref, et même si Sylvie Andrieux nous assure que « ses propos ont été condensés » et qu’elle entendait signifier que « dans le cadre de la mondialisation tous les secteurs sont ouverts à la concurrence et que les taxis ne sont pas contre à condition qu’elle soit équitable », le message de Lolo & co est passé : Easy Take, dont le nom a le bonheur de ressembler à Easy Jet, est une version sur route de Ryanair, avec ses employés au droit irlandais, ses subventions déguisées et ses pseudopodes dans les paradis fiscaux.

Si le PS et l’UMP, , courent désormais les médias pour tenir le même discours sur l’aérien et le maritime, c’est la CGT, alias le « cancer du port » (dixit Blum), qui va être contente… Mais en attendant, Easy Take ne touche pas de subventions, emploie 73 personnes sous convention collective, paie ses impôts et ses charges en France. « On n’a rien délocalisé, tout est sur Avignon, y compris le centre d’appel alors que ce serait bien moins cher par exemple au Maghreb », fait noter Johanna Gryczynski.

Bataille ancestrale

Pour les taxis, une « concurrence déloyale ». Pour les observateurs avisés, comme l’universitaire Richard Darbéra, que nous avions interrogé, une étape de plus dans la guerre que livrent les taxis à la petite remise. La différence : contrairement aux taxis, ils ne peuvent charger des clients qui les hèlent dans la rue ou attendre à des stations, mais doivent faire l’objet d’une commande au préalable. « Pour faire pratiquement la même chose que les taxis, ils n’ont pas les même contraintes que nous : une formation, des contrôles médicaux, des contrôles pour la voiture, des stages tous les 5 ans, un compteur », plaide Jean Agius, président du syndicat des taxis marseillais (Les Verts). Une argumentation reprise par Sylvie Andrieux, qui ajoute que « les chiffres sont là avec une perte de 30% d’activité pour les taxis avignonnais. »

« Pour être chauffeur il faut 2 ans de permis avec tous ses points, un casier vierge, une visite médicale, une carte professionnelle, un brevet de secourisme. Et en internet nous formons nos chauffeurs sur le service, la conduire, les nouvelles technologies comme le GPS. On respecte notre législation », rétorque Johanna Gryczynski.

Une législation qui est justement loin de faciliter les choses. « On n’est pas les premiers, il y a de nombreuses sociétés qui existent sur Paris », assure Johanna Gryczynski, et historiquement et à l’étranger, le transport sur réservation est une activité reconnue. Sauf qu’en réponse à une interpellation d’un sénateur sûrement lui aussi bien travaillé par les taxis, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a estimé que « certains ont contourné la loi » et que « s’il faut de nouveaux textes, ils seront pris. »

L’esprit des lois

Cela ne ferait en effet pas de mal : Easy Take dépend de deux ministères (Tourisme ou Transports) selon le nombre de passagers pris en charge, alors que les taxis dépendent de l’Intérieur. Jean Agius reconnaît également que le fonctionnement de la profession, et notamment les tarifs sont rigides. « Mais c’est la loi qui nous l’impose. Ce ne sont pas les taxis qui choisissent les prix des courses, c’est la préfecture. »

Pour le prix des licences, que les taxis ressortent à la moindre perspective de réforme pour crier à la spoliation, il est plus prudent : « si on se place du côté du vendeur, il veut qu’elles soient les plus cher possible, tandis que l’acheteur veut qu’elles soient le moins cher possible ». Forcément : quand on a fait une belle culbute en voyant le prix de la licence doubler voire tripler en quinze ans, il y a de quoi être vigilant sur la valeur de ce « capital »… Une vision patrimoniale rejetée par Richard Darbera dans une analyse détaillée, y voyant l’expression d’une situation de rente dans laquelle, qui a Paris « constitue en moyenne un quart du prix payé par l’usager ».

Mais quand Sylvie Andrieux explique qu’elle demande juste « que l’on remette les choses à plat. Que chacun vienne avec ses revendications et que l’on voie ce qu’il en est », reste à voir si tout sera sur la table, et de quel côté la balance aura le plus de chance de pencher… Surtout que Lolo l’a dit à La Provence : « ce sera sans doute mon dernier combat et celui-là il est vital je veux le gagner ».

Coup de tonnerre, sans suite, dans le système des taxis, sur Marsactu

« Il n’y a qu’en France que les taxis ont réussi à tuer la concurrence », sur Marsactu

Nos articles sur Ryanair, le low cost, le vrai

Publié dans Polémique | Tags autopartage, Charles Gilardenghi, easy take, marseille, ps, roland blum, sylvie andrieux, taxis, transports, ump

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