«Taxi», «L'immeuble Yacoubian»... ces best-sellers égyptiens ont révélé des auteurs en prise directe avec les réalités sociales de leur pays, jusqu'aux événements d'aujourd’hui
La révolution égyptienne se fait dans la rue, elle se fait aussi par la littérature. «Pendant la colonisation, puis la guerre, de tout temps, les écrivains égyptiens ont été engagés. Ils prenaient le pouls de la population. Dans la littérature de ce pays, la veine sociale et politique est fondamentale», explique Farouk Mardam Bey, directeur de la collection «Sindbad» chez Actes Sud.
C'est ce qui fait leur succès. Tout le monde a en tête Taxi (1), paru en 2009 en France, du jeune Khaled Khamissi, précurseur du mouvement actuel. Ce recueil de cinquante-huit conversations avec les chauffeurs de taxi du Caire, entre littérature et enquête de terrain, a été écrit à un moment clé de l'interminable règne du président Hosni Moubarak – qui sollicitait alors un cinquième mandat. Tout y est : les difficultés économiques quotidiennes de la grande majorité de la population, la corruption qui sévit à tous les échelons de l'administration, l'omniprésence et la brutalité des services de sécurité, le blocage du système politique, les humiliations sans fin que la population subit en silence, les ravages du capitalisme sauvage, le tout avec beaucoup d'humour.
De même, le désormais très célèbre Alla El Aswany, auteur deL'Immeuble Yacoubian, un chef-d’œuvre original adapté au cinéma, racontant l'Égypte contemporaine à travers la vie de plusieurs habitants d'un immeuble du centre du Caire, véritable personnage principal du roman (un immeuble bien réel situé à quelques dizaines de mètres de la place Tahrir où les Égyptiens ont pris leur destin en main ces deux dernières semaines). À Yacoubian se croisent ses habitants, riches et pauvres, bons et méchants. Ils se mêlent et se séparent, sur fond de corruption politique, de montée de l'islamisme, de fracture sociale profonde et de soif de liberté sexuelle.
Ces deux romans sont aussi des best-sellers dans leur pays d'origine, et pas seulement en Europe. Taxi et L'Immeuble Yacoubian se sont vendus à plus de 100 000 exemplaires en Égypte, sans parler du reste du monde arabe. Comment expliquer ce succès ? «Les écrivains égyptiens sont en prise directe avec les réalités sociales de ceux qui manifestent aujourd'hui dans les rues du Caire et des grandes villes égyptiennes», poursuit Farouk Mardam Bey.
C'est aussi le cas de Sonallah Ibrahim, dont le dernier roman,Turbans et chapeaux (3), vient de paraître. Dans son célèbre roman Les Années de Zeth, paru en 1993 (4), Sonallah Ibrahim dressait le tableau d'une Égypte moderne où, après les illusions de l'époque nassérienne et les rêves capitalistes de Sadate, corruption rimait désormais avec dévotion, et occidentalisation avec islamisation.
Ces auteurs sont des écrivains militants. Alla El Aswany est un des leaders du mouvement de Mohamed El Baradei, qui n'a cessé de dénoncer le régime et d'appeler au départ du président Moubarak. Sonallah Ibrahim a fait cinq ans de prison, de 1959 à 1964, et il a refusé en 2003 le plus grand prix du roman en Égypte, décerné par le ministère de la culture de Moubarak, doté d'environ 100 000 dollars. Il est l'un des fondateurs du mouvement «Kefaya» («Assez»), où l'on retrouve des intellectuels, des enseignants, des avocats, et qui, depuis 2004, appelle à la démocratisation du régime par une modification de la Constitution.
Engagés, ils sont les chroniqueurs du peuple, comme l'étaient déjà leurs aînés : Albert Cossery (mort en 2008 à Paris), qui a ravi des générations de lecteurs, avec Les Couleurs de l’infamie(5) et Mendiants et orgueilleux (6), et Naguib Mahfouz, père du roman moderne en Égypte. Le lauréat du prix Nobel de littérature est l'auteur de la célèbre Trilogie du Caire (7) où chaque roman porte le nom des rues où l'écrivain a passé sa jeunesse, et dont vient de paraître en français Karnak Café (8), le portrait d'une Égypte déboussolée symbolisée par un petit groupe d'étudiants réuni dans un café cairote.
Il y a quelques jours devait s'ouvrir le Salon du livre du Caire (annulé devant l'ampleur des événements dans la rue), le plus grand et le plus ancien salon du livre du monde arabe. La littérature égyptienne n'est pas «momifiée», comme l'est malheureusement la vie politique de ce pays. Elle vit aussi parce qu'elle est libre. Ses écrivains ne sont pas obligés de s'exiler. À la différence de beaucoup de pays de la région, la censure n'existe pas en Égypte.
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dimanche 13 février 2011
jeudi 6 janvier 2011
Un taxi la nuit
Montréal au coeur de la nuit. À bord de son taxi, un chauffeur va et vient en observant la ville et ses gens. Animé par ceux-ci, le conteur s'allume et les mots se mettent en mouvement. Voici entre vos mains un carnet de bord hétéroclite, à l'image de la cité qui l'inspire.
Jouant avec les genres, Pierre-Léon Lalonde propose à travers ses textes et ses photos de l'accompagner dans ses déambulations nocturnes. Du portrait poétique au règlement de conte urbain, Un taxi la nuit vous invite à monter à bord pour une promenade littéraire qui sort de l'ordinaire.
Le blog de Pierre-Léon Lalonde est à lire ici
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jeudi 15 juillet 2010
Beaux Livres : Taxi, un métier, des hommes
Alors que les transports en commun ont de plus en plus la cote dans les centres-villes des grandes métropoles et que les green cabs ou taxi verts font leur apparition, la prestigieuse maison d'édition E-T-A-I revient sur un mode de transport qui a plus de 100 ans.
La rédaction de ce bel ouvrage a été confié à Gilles Robert qui sait de quoi il parle puisqu'il a préparé nombre de futurs chauffeurs à l'examen du certificat de capacité professionnelle de conducteur de taxi dont il est lui-même titulaire.
Chaque année, les taxis transportent près de quarante-quatre millions de passagers. Ambassadeurs de leur pays, de leur région, de leur ville, ils ont l'honneur d'avoir un nom universellement connu et immédiatement compréhensible quel que soit l'endroit où l'on se trouve sur la planète.
Ce livre aborde une très grande variété de thèmes, des fameux taxis réquisitionnés lors de la Bataille de la Marne en 1914 aux voitures du futur qui permettent de réserver électroniquement des places de concerts, des billets d'avion ou une table de restaurant. C'est également l'occasion de découvrir tous les modèles qui ont jalonné l'histoire avec leurs spécificités, en apprendre plus sur les savoureuses expressions de la maison.
Vous deviendrez familiers des Boers, la police des taxis mais aussi des grands compagnies, du mode de recrutement des chauffeurs ou de l'évolution du fameux bandeau lumineux, bien plus simple à l'époque où il n'y avait que deux couleurs et non quatre comme aujourd'hui...
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La rédaction de ce bel ouvrage a été confié à Gilles Robert qui sait de quoi il parle puisqu'il a préparé nombre de futurs chauffeurs à l'examen du certificat de capacité professionnelle de conducteur de taxi dont il est lui-même titulaire.
Chaque année, les taxis transportent près de quarante-quatre millions de passagers. Ambassadeurs de leur pays, de leur région, de leur ville, ils ont l'honneur d'avoir un nom universellement connu et immédiatement compréhensible quel que soit l'endroit où l'on se trouve sur la planète.
Ce livre aborde une très grande variété de thèmes, des fameux taxis réquisitionnés lors de la Bataille de la Marne en 1914 aux voitures du futur qui permettent de réserver électroniquement des places de concerts, des billets d'avion ou une table de restaurant. C'est également l'occasion de découvrir tous les modèles qui ont jalonné l'histoire avec leurs spécificités, en apprendre plus sur les savoureuses expressions de la maison.
Vous deviendrez familiers des Boers, la police des taxis mais aussi des grands compagnies, du mode de recrutement des chauffeurs ou de l'évolution du fameux bandeau lumineux, bien plus simple à l'époque où il n'y avait que deux couleurs et non quatre comme aujourd'hui...
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