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mardi 19 avril 2011

ENTRE TRAVAUX ET CARBURANT, LA GALÈRE DES TAXIS DIJONNAIS


D’après le PDG de Total, Christophe de Margerie, le prix du super atteindra prochainement la barre des deux euros le litre. Déjà en difficulté, chauffeurs de taxi et entreprises de transport vont continuer de souffrir.

Le litre de super à deux euros le litre, inimaginable n’est-ce pas ? C’est pourtant ce que nous prédit le PDG de Total Christophe de Margerie dans une interview accordée au quotidien Le Parisien. En ce début de semaine, le prix de l’essence a de nouveau atteint un record  avec un sans-plomb 95 à plus de 1,53 euro le litre (précédent record à 1,518 euro mi-mars), un sans-plomb 98  à 1,56 euro et un gazole qui affiche 1,37 euro en moyenne. Les troubles politiques en Libye  et au Moyen-Orient sont les principales causes des ces envolées des prix. Evidemment, cela n’arrange pas notre porte-monnaie. Utiliser sa voiture devient un luxe !

L’essence bientôt à 2 euros ?

Mais les plus touchés sont, sans aucun conteste, les chauffeurs de taxi et les entreprises de transport. A Dijon, les taxis dijonnais sont confrontés à un double problème : la hausse continue du prix de l’essence et la perte de clientèle consécutive aux travaux du tramway. Julien Christian, chauffeur de taxi indépendant  et trésorier de l’association Taxis Dijon, nous plante un décor peu reluisant : « Nous avons augmenté le budget gasoil de 22 %. Au lieu de mettre 60 euros pour faire le plein, vous dépensez 80 euros… On fait un plein tous les deux jours. Faites le calcul…. En plus, avec les travaux, ça n’avance pas, on consomme plus et on perd un tiers de clientèle par jour ! Le taxi, à l’heure actuelle, n’est plus un métier d’avenir. »

Un tiers de clients en moins à cause des travaux

Et, comme on pourrait le croire, la hausse du prix du carburant ne correspond pas à une hausse des tarifs des taxis : « Ce sont des tarifs préfectoraux programmés pour l’année. Cette année, on a dû augmenter les tarifs de 1,75 ou 2 % mais on a en face 20 à 22 % d’augmentation de gasoil… » Autrefois, les taxis bénéficiaient d’une détaxe sur le gasoil mais elle a été supprimée il y a quatre ans. Lundi, le ministère de l’Economie a trouvé un accord pour que les compagnies pétrolières soient taxées à hauteur de 115 millions d’euros et que l’argent ainsi gagné bénéficie à cinq millions de salariés (professions libérales, commerçants, artisans). Julien Christian espère que l’Etat se tournera également en direction de sa profession : « C’est sûr, l’Etat va faire quelque chose. Car il n’y a pas que nous… Tout ce qui est commerciaux et transports routiers, il y aura un gros crack dans pas longtemps. Ils arriveront à débloquer des fonds car ça ne pourra pas durer. 2 euros le litre ? Je pense que ça craquera avant. » L’essence est une sacré pompe à fric !

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mardi 15 mars 2011

Hausse des carburants: les taxis nancéiens à bout de course


« L’augmentation abusive du prix des carburants compromet l’équilibre économique des taxis. La colère gronde ! ». La FNAT (Fédération nationale des Artisans du Taxi) demande au gouvernement la mise en place rapide de mesures compensatoires précise un communiqué adressé à notre rédaction par Dominique Cour, président de la délégation 54. « En à peine plus d’un an, entre janvier 2010 et mars 2011, le prix moyen du gazole à la pompe a augmenté de plus de 25 %, une hausse qui, selon les indicateurs, n’est pas près de s’inverser. Les taxis voient ce poste de dépense essentiel pour leur activité s’alourdir dangereusement, au risque de mettre en péril la stabilité financière de leurs entreprises ».
De fait, sur le terrain, Yamina Jochemsky le confirme, la situation devient délicate pour nombre de professionnels.
Lire demain l'enquête intégrale de Valérie Richard dans nos éditions papier de Meurthe et Moselle."
Valérie RICHARD

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Carburant : transporteurs et taxis catastrophés

Rien de tel que quelques centimes de plus toutes les semaines à la pompe pour gripper le moteur du transport routier. Mais pas seulement. Taxis et autres activités sont menacés.

Hier matin, encore, la livraison de carburant des transports Reviron a pris quelques centimes de plus. Pour atteindre 1,37 ?\l (TTC), ceci malgré les prix négociés à la cuve auprès des fournisseurs.

« Je pense que l'on n'a jamais atteint ce prix-là. Même pas en 2008 ! », se désole le comptable de l'entreprise, Éric Masseret. Le seul moteur qui tourne sans compter, c'est celui... de sa calculette. « On a dû prendre à peu près 40 centimes du litre en un an. On en est à 26 ou 27 % de hausse depuis juillet ! »

Pour l'entreprise de transports nationaux basée à Magnet, la situation est, au choix, « alarmante » si l'on se réfère à la seule envolée du carburant, « dramatique » si l'on reprend le contexte de difficultés générales sur lequel se greffe la flambée du gasoil.

C'est en tout cas ce qu'explique Alain Reviron. Le président de la société décrit une activité « laminée ». « Aujourd'hui, on est en concurrence avec des pays "low cost" du transport. Ceux de l'Est ne travaillent plus seulement au niveau international : ils prennent aussi des marchés nationaux, notamment avec le cabotage pratiqué du côté des grandes enseignes. »

Alors dans ce tableau, les 27 % d'augmentation depuis juillet : « C'est la cerise dans le moteur ; celle qui risque de tout faire exploser. Il y a beaucoup d'entreprises qui vont disparaître. »

Les transports Reviron et leur flotte de 55 véhicules n'en sont pas là. Mais l'entrepreneur a déjà dû réduire la voilure : en juillet 2010 il avait encore 75 camions.

D'une manière générale, la hausse est d'autant plus douloureuse pour les transporteurs indépendants qu'ils ne parviennent pas à la répercuter en pied de facture ; pas même à la hauteur de l'indice autorisé par l'État.

Même en relevant ses tarifs a minima, Alain Reviron assure avoir déjà perdu des clients, pénalisés eux-mêmes dans leur activité de production par la hausse du carburant.

Pour les taxis, comme pour les petits transporteurs qui travaillent avec les sociétés d'affrètement, la situation est un peu moins grave à ce jour. Mais elle n'est pas moins alarmante pour l'économie générale.

Anne-Marie Danjean, patronne des transports Ventura (Hauterive), explique que ses trois chauffeurs « tâchent de réduire les frais par tous les moyens ».

Modes de conduite plus économiques, temps de coupures scrupuleusement décomptés sur les horaires travaillés, préférence accordée aux routes plutôt qu'aux autoroutes, et changement de culture dans l'approvisionnement. « Aujourd'hui, je suis condamnée à aller faire le plein des camions dans les supermarchés où l'essence est moins chère. »

Même aveu, sur l'air amer des regrets, dans les sociétés de taxi. « L'augmentation de nos prix ne correspond pas à l'augmentation du prix réel de l'essence. Alors on fait comme tout le monde : on va au moins cher. Il y a encore deux semaines, on tâchait de privilégier la qualité de l'essence ; tant pis pour nos moteurs... », avoue Julien, chauffeur chez Tubello (Vichy).

« Qu'est-ce que vous voulez faire ? Avec deux pleins par semaine, la hausse des charges liées au seul carburant s'élève à 100 ? par mois. Nous, on ne peut pas la répercuter », résume Thierry Marest, cogérant des Taxis de Vichy. Certains, dans la profession, commencent même à changer de voiture, en privilégiant les petites cylindrées aux confortables berlines qui étaient plutôt la norme.

« Ce qui est dramatique c'est que cela s'ajoute à d'autres problèmes, comme l'obligation qui nous est faite d'investir dans un nouveau matériel et la fin d'une détaxe ».

Là encore, la hausse du carburant vient plomber une situation déjà tendue. Et l'on voit se profiler des évolutions qui risquent de toucher d'autres activités par ricochet.

Anne Bourges

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vendredi 11 mars 2011

Carburant : Christine Lagarde exclut toute action du gouvernement


Alors que les prix à la pompe ne cessent d'augmenter pour atteindre des records, les consommateurs,  taxis en tête ont demandé au gouvernement de baisser les taxes sur les carburants. Christine Lagarde a alors exclu toute mesure de baisse et conseille plutôt aux automobilistes d'adopter une conduite économe.
Dans certaines stations parisiennes, le prix du litre de sans plomb a atteint 1,80 euros hier. Un record qui plombe le budget déjà bien entamé des ménages. Interpellée hier par les chauffeurs de taxi, Christine Lagarde a rejeté toute intervention du gouvernement sur le prix de l'essence, via une baisse des taxes par exemple.

Christine Lagarde inflexible
La ministre de l'Economie préconise alors ce matin aux automobilistes français d'adopter une conduite économe pour compenser cette hausse des prix du carburant. Parmi les mesures recommandées par Christine Lagarde ce matin sur France Info, "d'abord, faire très attention à son gonflage de pneus, deuxièmement réduire un peu sa vitesse, troisièmement éviter de conduire de manière un peu saccadée". Bercy estimait dernièrement qu'un bon gonflage des pneus pouvant permettre une économie de 2,4% de carburant.
Quand on sait que le prix de l'essence est composé à plus de 60% de taxes, les recommandations de Christine Lagarde vont certainement faire bondir plus d'un automobiliste. En période de crise et à quelques mois de l'ouverture de la campagne présidentielle, une action sur ces taxes pourrait pourtant être populaire. Dans cette optique, Europe Ecologie-Les verts ont alors  demandé l'instauration d'un tarif  "social" du carburant, un tarif préférentiel pour les bas revenus, comme cela se fait déjà pour le gaz ou l'électricité, proposition là encore rejetée par la ministre. "On ne peut prendre des mesures de ce type-là à une époque où on doit impérativement tenir les finances publiques," commentait-elle.

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Hausse des carburants : les taxis montent au front

La Fédération nationale des artisans du taxi (FNAT), mercredi dans un communiqué, a demandé au gouvernement des "mesures compensatoires" face à la hausse des carburants, dont les prix atteignent des niveaux records.

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mercredi 9 mars 2011

Taxis et routiers : le coup de pompe


Vous grimacez à juste titre au moment de faire le plein. Mais imaginez... Un quarante tonnes consomme entre 35 et 38 litres aux 100 kilomètres. ...

Or, en un an, le prix du gazole a augmenté de 21,6 %. Et de près de 25 % depuis le 1er février 2010. Concrètement, par rapport à cette date, un chauffeur d'un bahut de quarante tonnes mettra 94 euros de plus dans le réservoir pour relier Lille à Marseille (1 005 km).


Dans ce contexte, si la loi n'allait pas dans le sens des transporteurs, sûr qu'en ce moment, ils seraient pour la plupart sur le flanc. Ils sont sauvés par l'indexation. La hausse du prix du carburant (20 % du coût moyen d'une prestation), ils la répercutent sur leurs clients.

Le salut dans l'hybride ?

« Mais on ne s'y retrouve pas totalement : c'est quand même tributaire de négociations avec le chargeur. On se base sur une moyenne. Et il y a un décalage dans le temps qui perturbe les trésoreries », souligne Olivier Arrigault, secrétaire général de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) Nord. Qui pointe aussi « un contexte économique pas porteur ». Des marges déjà faibles et des camions qui courent le client, ce qui n'est pas favorable aux sociétés de transport dans leurs négociations. Ajoutez à cela que les clients pourraient se tourner vers l'étranger car la France est le seul pays à imposer l'indexation du gazole et vous avez là des transporteurs inquiets.

« Il ne faut pas que ça dure. » C'est aussi le discours de Michel Hallynck, président de la Fédération nationale des taxis indépendants (FNTI) Nord. « Ça constitue une grosse part de nos charges. Le mois dernier, sur 5 000 euros de recette moyenne, mes chauffeurs en ont eu pour 1 200 à 1 300 euros d'essence. » Même s'ils ne le critiquent pas, les taxis ne peuvent pas répercuter cette augmentation sur leur forfait. Les tarifs sont fixés par les préfectures et revalorisés au 1er janvier sur la base de l'inflation (dans le Nord, le forfait jour est de 1,72 euro du kilomètre.) En revanche, ils déplorent que leur détaxe sur la TIPP ait baissé ces dernières années et souhaiteraient qu'elle soit revalorisée. Avec la TVA qu'ils ne paient pas, elle est l'autre aide de l'État.

Pour certains, l'inquiétude est cependant moindre. Francis Prévost ne regrette pas, c'est peu dire, que la coopérative qu'il préside, Taxi Union, se soit récemment dotée de 14 Toyota Prius, des voitures hybrides qui consomment cinq litres au 100. Patrick Hautefeuille, lui, est heureux de rouler à l'éthanol. « Mais je suis le seul à Lille. La très très grande majorité sont au gazole. » Dont le prix monte, et monte...

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